Au Québec, chaque municipalité a l’obligation de publier ses contrats. En théorie. Au-dessus de 25 000 $, ça passe par le SEAO, le système d’appels d’offres public, et c’est consultable, même si ça reste assez fastidieux. En dessous, le gré à gré, qui représente la grande majorité des contrats en nombre, vit éparpillé ville par ville, dans des formats qui changent à chaque fois, quand c’est en ligne. Personne ne consolide tout ça. Un fournisseur qui veut savoir qui travaille déjà avec quelle ville, ou une municipalité qui veut comparer ses prix, n’a aucun endroit où regarder.

Ce que fait octroi

octroi va chercher ces données partout où elles existent, les recoupe et les nettoie, puis les range dans une seule base. Ce que tu vois au bout : quels fournisseurs décrochent quels contrats, dans quelles municipalités, pour quels montants, sur quelles années, et face à quelle concurrence. Ça s’adresse aux fournisseurs qui vendent au public et qui prospectent, et aux donneurs d’ordre qui veulent se situer.

Ce que le SEAO ne montre pas

Près de 50 000 fournisseurs apparaissent dans les contrats municipaux sans avoir jamais figuré au SEAO, parce que tout ce qu’ils décrochent passe sous le seuil. Ça représente plusieurs milliards de dollars d’activité publique qui n’existent nulle part ailleurs sous forme consolidée. Dix petits contrats avec dix petites villes, ça ne pèse presque rien en pourcentage, mais c’est un renseignement que ni le fournisseur ni son concurrent ne peut obtenir autrement.

Où j’en suis

Privé et payant. La base couvre aujourd’hui près de 900 des 1 281 municipalités du Québec côté contrats sous 25 000 $, la presque totalité des MRC, et l’intégralité des contrats au-dessus du seuil. Le produit livré n’est pas un accès libre à la base : ce sont des fiches, une par fournisseur, une par ville. Ce qui reste en chantier : les dernières municipalités dont les données ne sont pas encore en ligne, et l’extension à d’autres marchés publics, déjà amorcée en coulisses.